

Le principe de sa théorie est le suivant :
| l'activité économique repose sur le niveau de la Demande effective
anticipée par les agents économiques. | |
| si la consommation augmente, la demande qui s'adresse aux entreprises
augmente. | |
| cet accroissement des ventes pousse les entreprises à investir pour
reconstituer leur stocks de produits finis. | |
| la hausse de l'investissement entraîne une hausse de l'emploi. | |
| cette hausse de l'emploi se traduit par une hausse des revenus
distribués dans l'économie. | |
| cette hausse des revenus entraîne un accroissement de la consommation
... Cette dynamique, favorable à l'activité économique, risque dans certains cas de se transformer en cercle vicieux. Le marché n'est alors pas capable de favoriser un retour de la croissance. C'est pourquoi Keynes préconise une intervention de l'Etat dans l'économie, qui par le biais d'un accroissement des dépenses publiques, favoriserait le retour de la croissance économique. Cette relance publique passe alors par la mise en uvre d'une politique budgétaire expansionniste qui se matérialise par l'apparition d'un déficit public. Cette remise en cause de la neutralité de l'Etat par Keynes est critiquée par les tenants de l'école classique qui jugent inefficace toute politique de relance budgétaire. Keynes répond à ces critiques par une approche dynamique qui tend à démontrer que la relance de l'économie permet d'autofinancer dans le temps le déficit budgétaire initial : c'est le principe du Multiplicateur keynésien . Si on considère par exemple, que les ménages consomment environ 80 % de leur revenu, on peut alors dresser le tableau suivant : |
| période | relance budgétaire | hausse des revenus | consommation | épargne cumulée |
| 0 | 100 | 100 | 80 (100*0,8) | 20 (100-80) |
| 1 | 0 | 80 | 64 (80*0,8) | 36 (20+(80-64)) |
| 2 | 0 | 64 | 51.2 | 48,8 |
| 3 | 0 | 51,2 | 40,96 | 59.04 |
| 4 | 0 | 40,96 | 32,77 | 67.23 |
| 5 | 0 | 32,77 | 26,22 | 73,78 |
| ... | ||||
| n | 100 | 500 | 400 | 100 |
Explication :
La relance budgétaire initiale de 100 se traduit par un accroissement équivalent des revenus. Cette hausse des revenus se répercute sur la consommation globale qui augmente de 80 (puisse que les ménages consacrent 80 % de leur revenu à la consommation).
Cette hausse de la consommation de 80 amène les entreprises à produire des biens supplémentaires pour un montant de 80 qui entraîne donc une hausse de l'emploi et donc des revenus d'un montant équivalent. Cette nouvelle hausse des revenus de 80, se traduit de nouveau par une hausse de la consommation de 64 (hausse des revenus*propension à consommer)....
Dans le même temps, la part des revenus non consommée accroît l'épargne globale des ménages. Le montant de cette épargne est calculé en faisant la différence entre le revenu distribué et la part de ce revenu destiné à la consommation.
En définitive, au bout d'un certain nombre de périodes, le multiplicateur keynésien montre :
| qu'une relance initiale de 100 se traduit par une augmentation globale
des revenus de 500. | |
| que le déficit de 100 à l'origine est compensé par le supplément d'épargne constitué par les agents économiques qui au bout de n périodes est égal à 100. |
Donc, selon Keynes, une relance budgétaire, dans le cadre d'une analyse dynamique de l'économie, s'auto finance grâce au supplément d'épargne issu de l'accroissement des revenus. Autrement dit, une relance budgétaire est neutre dans le temps tout en permettant une hausse des revenus des agents économiques.