Introduction :

        Le recul de l'interventionnisme étatique dans la sphère économique se traduit entre autre par la remise en cause du fonctionnement de certains marchés relevant auparavant de la notion de service public et organisés en ce sens autour de monopoles publics nationaux. Le sommet européen de Barcelone des 15 et 16 mars 2002 marque ainsi une nouvelle étape dans le projet de libéralisation des marchés de l'électricité et du gaz entamée au milieu des années 90 en Europe.

 

1/ La libéralisation des marchés de l'électricité et du gaz en Europe :

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Les bases du projet européen :

Le projet européen de libéralisation des marchés de l'électricité et du gaz poursuit plusieurs objectifs :

bulletfavoriser l'émergence d'un marché européen de l'énergie unifié.

bulletaccroître la compétitivité des entreprises européennes du secteur de l'énergie face à leurs concurrents internationaux.

bulletfaire profiter aux consommateurs européens (professionnels et particuliers) des baisses de prix sur marché de l'énergie entraînées par la restauration du jeu de la libre concurrence.

Auparavant cloisonnés, les marchés de l'électricité et du gaz, étaient dominés par des acteurs économiques nationaux souvent situés en situation de monopole et contrôlés par l'Etat au nom du principe de l'indépendance énergétique nationale et de l'obligation de service public garantissant à tout citoyen l'accès au réseau électrique et gazier.

La notion de service public reste quand même de mise dans ce projet puisque dès le départ, le marché de l'énergie a été scindé selon différentes catégories de consommateurs (les entreprises et les particuliers) qui ne sont pas concernés de la même manière par le projet de libéralisation de ce marché.

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Les modalités de mise en oeuvre :

La mise en place de ce marché intérieur européen de l'énergie repose sur un certain nombre de directives européennes encadrant la libéralisation des marchés de l'électricité et du gaz :

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Directive européenne de 1996 prévoyant l'ouverture du marché de l'électricité et directive européenne de 1999 relative au marché du gaz détaillant le calendrier de l'ouverture de ces marchés en fixant un degré maximal d'ouverture (35 % du marché de l'électricité en février 2003 pour le marché de l'électricité et 33 % pour le marché du gaz en 2008) concernant certains types de clients (les entreprises).

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Directive de mars 2001 du commissaire Loyola de Palacio prévoyant une libéralisation totale de ces marchés en 2005.

La libéralisation des marchés du gaz et de l'électricité préconisée par les instances européenne repose en outre sur une modification de l'organisation du fonctionnement de ces marchés :

bulletcréation d'une bourse de l'électricité ou les acteurs pourront s'échanger des kilowatts.

bulletréorganisation des anciens monopoles publics de telle sorte que soient séparées juridiquement et fonctionnellement les activités de transport et de distribution des activités de production de gaz ou d'électricité de manière a permettre l'ouverture de ces marchés à la concurrence.

La mise en place d'un programme progressif d'ouverture des marchés nationaux par les pouvoirs publics concernés permet à chaque pays membre d'organiser la déréglementation des marchés nationaux selon un calendrier précis.

 

On peut alors évaluer l'évolution de la libéralisation des marchés de l'électricité et du gaz selon les pays membres de la communauté européenne en dressant la carte de l'ouverture théorique de ces marchés compte tenu de ce qui a été annoncé par les pouvoirs publics.

 

2/ La réalité actuelle de la libéralisation des marchés de l'électricité et du gaz en Europe :

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Une ouverture réelle des marchés limitée :

Comme dans le cas du secteur des Télécommunications, l'ouverture réelle des marchés de l'électricité et du gaz est bien moins importante que son degré d'ouverture théorique du fait que les anciens monopoles publics freinent l'entrée de nouveaux concurrents sur le marché.

Illustration :

Cas du marché de l'électricité au début 2002.
L'ouverture réelle et théorique des marchés de l'énergie dans certains pays européens
(degré d'ouverture réel : % des "gros consommateurs" ayant effectivement changé de fournisseur)

Pays Degré d'ouverture théorique Degré d'ouverture réel
Allemagne 100 % 10 à 20 %
Belgique 35 % 5 à 10 %
Espagne 45 % 5 %
France 30 % 5 à 10 %
Italie 45 % 5 %
Royaume-Uni 100 % 80 %
Suède 100 % 100 %
     

La Tribune, mercredi 13 mars 2002

Constat :

Malgré les promesses affichées par les pouvoirs publics, l'ouverture réelle des marchés de l'énergie est souvent très inférieure à leur ouverture théorique annoncée.

 

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Le sommet de Barcelone de mars 2002 :

Le sommet de Barcelone devait permettre de fixer la date de l'ouverture totale des marchés de l'électricité en Europe. La France s'est distinguée par son opposition à une ouverture totale de ce marché sans tenir compte des impératifs propres à ce service public.

Les négociations qui ont eu lieu au cours de ce sommet se sont traduites par un report de la libéralisation totale du marché de l'électricité pour les consommateurs non résidentiels à 2004.

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La situation en France en 2002 :

Face aux enjeux notamment sociaux des marchés de l'énergie (EDF : 117 250 employés en 2000, GDF : 33 200 employés source Le Monde, Bilan du Monde 2002) la France se distingue pas sa faible ouverture théorique et réelle des marchés de l'énergie. Néanmoins, les opérateurs nationaux ont commencé à se réorganiser en prévision d'une libéralisation de leurs marchés respectifs. Ainsi EDF a crée une division (RTE) disposant d'une grande autonomie et d'une comptabilité propre gérant le réseau de transport de l'électricité et qui est dissociée de l'activité production d'électricité. De plus EDF a profité de la libéralisation des autres marchés européens de l'électricité pour développer une stratégie agressive de conquête de parts de marché à l'étranger que ce soit en Allemagne, en Espagne ou au Royaume-Uni ou sa filiale London Electricity détient 15 % de part de marché dans le domaine de la distribution. GDF pour sa part est en train progressivement de séparer son réseau de gazoducs du reste du groupe.

Conclusion :

La libéralisation du secteur de l'énergie eu Europe est en train de se mettre en place malgré la réticence de certains pays qui souhaitent conserver ce secteur stratégique au sein du secteur public afin notamment de garantir le respect de la notion de service public.

Les effets attendus sont multiples et visent entre autre à faire baisser le prix de l'énergie en Europe en accroissant la compétitivité des entreprises concernées grâce aux libre fonctionnement du marché. Pourtant, certains exemples récents laissent à penser que la libéralisation des marchés de l'électricité et du gaz n'a pas forcément un impact positif pour les différents agents économiques concernés, et au premier titre les consommateurs résidentiels (crise énergétique en Californie, faillite de Enron aux Etats-Unis...).

 

Economie Générale

BTS 1ère année

Partie 7 : La régulation de l'économie

La place de l'Etat dans la sphère économique

Le poids de l'Etat dans les pays européens
La libéralisation du marché de l'énergie
La privatisation en France et dans le monde
Les effectifs de la Fonction publique en 2001
Situation financière des Administrations publiques
Le budget de l'Etat en 2003 et 2004

 

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